Le Reich Eternel

Victoria Vanyushkina

Les deux articles qui suivent ont été écrits par une jeune intellectuelle russe appartenant à la mouvance nationaliste. Le contenu philosophique de ces deux articles est d'une lucidité remarquable, très éloigné de l'«ésotérisme de bazar» (à la Pauwels et Bergier, par ex.), et cela nous conforte dans l'opinion que l'Europe occidentale a beaucoup à recevoir de la Russie, même pour ce genre de sujets. Nous avons donc réuni ces deux articles sous ce titre générique de «Reich éternel» qui résume assez bien le propos de l'auteur; ce titre est éditorial et n'apparaît pas sur le site internet de l'auteur.


L'autre voie

Récemment, dans certains milieux de la Russie d'aujourd'hui, le concept de «Troisième Voie» a gagné en popularité. Cela suppose que ce concept est opposé à deux autres -- le communisme et la démocratie. Cependant, il est extrêmement difficile de saisir ou de définir sa différence essentielle. Très probablement, l'une des raisons est l'imprécision de la formulation même. Quand on dit «la troisième», cela la place immédiatement sur la même ligne que les deux précédentes, c'est-à-dire que l'action se déroule sur le même plan, et qu'il n'y a aucune transition à un autre niveau, aucun changement radical de situation. A cet égard, il semble plus approprié d'utiliser un autre terme: non pas «la troisième», mais l'Autre Voie. Il s'agit donc d'une voie particulière, différente. Cependant, en quoi consiste sa différence essentielle?

Il est d'abord nécessaire de dire qu'il est possible de classer dans l'Autre Voie divers mouvements de la dénommée mouvance fasciste. Il est bien connu que ces mouvements (fascisme italien, national-socialisme allemand, phalangisme espagnol, gardisme roumain, rexisme belge, mouvement de Salazar au Portugal, etc.) ont eu des différences, et parfois tout à fait essentielles, par conséquent ils peuvent et doivent être distingués les uns des autres. Cependant, le but du présent article est de révéler leur unité intérieure et leur différence par rapport à la démocratie et au communisme, par conséquent à partir de maintenant nous les qualifierons simplement de fascistes, comme c'est l'usage aujourd'hui. Beaucoup de gens sont surpris et indignés de l'intérêt croissant pour le fascisme à notre époque. De fait, on peut reconnaître que cette tendance a un caractère quelque peu irrationnel. La question n'est pas celle des reproches et des débats généraux concernant la quantité de souffrance que le fascisme a causé dans notre pays, comme si les communistes et les libéraux étaient engagés ici exclusivement dans des actions agréables ... Néanmoins au vu de l'image stéréotypée par laquelle le fascisme nous est présenté aujourd'hui, il semble en effet très difficile de ressentir une sympathie envers lui. Pourtant cela se produit tout de même (en Italie il existe un curieux terme pour ce phénomène: le philofascisme). Nous pouvons parler d'un caractère intuitif, instinctif, plutôt que rationnel, dans cette inclination vers le fascisme. Beaucoup de gens considéreront cela comme un défaut, pourtant cette attitude inopportune est très justifiable. Certainement l'aptitude à compter («ratio» dérive du verbe latin «reri»: compter) est nécessaire à l'homme, pourtant il est impossible de considérer cette aptitude comme une qualité supérieure des humains.

La même chose peut s'appliquer à la connaissance historique. Sans parler de sa complexité en général, il est absolument évident qu'aujourd'hui il est tout à fait problématique d'évaluer objectivement la signification particulière et la vraie mission du fascisme. Cela est dû en partie à un manque d'information valable, mais surtout à un préjugé extrêmement grand dans la sélection de l'information sur le sujet (ce qui est vrai pour les adversaires tout comme pour les défenseurs du fascisme). Mais le principal problème est une impossibilité à comprendre la question «de l'extérieur»: cela est possible seulement «de l'intérieur». Pourtant le désir même de comprendre l'essence du fascisme tel qu'il fût et sa différence vis-à-vis d'autres mouvements politiques est tout à fait légitime.

Aujourd'hui, lorsque nous voulons trouver des parallèles ou des différences entre un système et un autre, nous utilisons habituellement des catégories sociales, économiques ou politiques (en règle générale les dernières sont toujours placées sur un niveau dépendant de l'économie). Cependant on peut examiner le problème sous un autre angle: sous l'angle de la Weltanschauung, de la vision du monde. Dans ce cas le terme «idéologie» ne convient pas bien parce que ce qui importe n'est pas seulement une idée mais plutôt l'attitude des gens envers le monde et la vie.

En partant de cela, nous pouvons considérer que la différence fondamentale entre le fascisme et la démocratie et le communisme est son orientation anti-matérialiste et anti-athéiste. En confirmation à cela nous pourrions donner de nombreux faits et citations, mais limitons-nous à une seule. Comme Himmler le dit, celui qui ne croit pas en Dieu «ist überheblich, grosenwahnsinnig und dumm, er ist für uns nicht geeignet» («est présomptueux, mégalomane et stupide, il n'a pas sa place chez nous» [= chez les SS]), (J. Evola, «Le fascisme vu de droite», traduction française, Totalité 1981, p. 147). En d'autres mots, tout croyant ne peut pas devenir un fasciste, mais un fasciste ne peut pas être un athée. En même temps il n'est pas correct de qualifier simplement le fasciste de religieux, du moins du point de vue de la compréhension moderne de la religiosité. D'abord, pour un fasciste Dieu est essentiellement Mystère et Pouvoir, pas la loi des prêtres ou la loi morale. Ensuite, un fasciste non seulement croit en Dieu, mais nous pouvons dire que pour lui l'existence de Dieu est absolument évidente, la confirmation de cela étant le fait de l'existence du Monde lui-même (le Monde en tant que Cosmos/Univers, loi sacrée et Ordre, en comparaison de la compréhension «officielle» moderne du «monde»). De là vient une attitude particulière du fasciste vis-à-vis du monde. Pour lui ce monde n'est pas une chose existante, ordinaire et banale, mais une Entité vivante, le plus grand mystère et la plus grande énigme. Comme le monde est une créature aux pouvoirs surhumains, le Dieu qui vit en lui ne peut pas être considéré comme une punition pour les péchés commis. Vivre à l'intérieur du monde est la plus grande joie et la plus grande épreuve. Par conséquent ce que d'autres considèrent comme un malheur et une souffrance, le fasciste le considère comme une épreuve pour ses forces et ses capacités, comme une opportunité de réaliser sa volonté de puissance. Plus l'épreuve est difficile, plus le combat est acharné, plus il obtient de puissance. La caractéristique qualitative de ce monde est la richesse de la Présence Sacrée.

Il est évident que d'après un tel point de vue, ce monde moderne dépourvu de Dieu n'est plus le monde de l'Ordre, mais plutôt son antipode -- le Chaos. La caractéristique du chaos est son homogénéité et son infinité essentielles qui excluent toute possibilité d'orientation et par conséquent d'évolution. Par conséquent l'être humain ne peut pas vivre dans le chaos, il a besoin de quelque chose à lui opposer. Bien que d'une manière paradoxale, le chaos a son propre trait positif: tout est possible dans le chaos. Y compris la création du Monde, la créativité. Le monde moderne est dépourvu de tout Dieu, pour ce monde Dieu demeure quelque part en arrière, caché dans le passé inaccessible ou, au mieux, peut apparaître à la fin des temps dans un futur incertain. Mais pour le fasciste, qui maintient toujours Dieu en lui-même, Il est Toujours et Partout, ici et maintenant. Sentant la présence vivante de Dieu en lui, le fasciste trouve en Lui le point d'ancrage, le pôle du Monde, rendant ainsi possible une orientation et un mouvement et une Voie. Entretenant en lui une flamme sacrée dans laquelle le monde illusoire se consume, il se purifie lui-même et purifie tout autour de lui, donnant au monde ennuyeux une chance de devenir le Monde réel, l'Ordre de Dieu soumis non aux lois rigides de l'économie et de l'évolution historique ou biologique, mais au principe sacré et vivant de la Justice et de la Raison Supérieures: Suum cuique, jedem das seine [à chacun son dû, NDT]. Il prend donc pour lui-même un risque plus grand et un fardeau et une responsabilité plus lourds, parce que cette loi s'applique aussi à lui, et s'il ne fait pas de son mieux, cette flamme le dévorera lui aussi. Et s'il combat et supporte l'épreuve, il acquerra un plus grand pouvoir, parce que la créativité est une force divine ...

Le fascisme est blâmé pour de nombreuses raisons, incluant l'anti-humanisme. C'est peut-être l'une des seules accusations avec lesquelles on peut être pleinement d'accord. Il suffit de définir ce qu'est précisément «l'humanisme». Le principal principe de l'humanisme dit: l'homme est la plus grande valeur parmi toutes. Mais n'est-ce pas la négation de Dieu? L'anti-humanisme fasciste a une relation directe avec la nature matérialiste de l'humanisme. Le fascisme insiste sur la priorité des valeurs transcendantes dépassant le domaine humain -- les valeurs du niveau supérieur, divin. Tout dans le monde, y compris l'homme, n'a de valeur que parce qu'il est connecté à une réalité transcendante. Etre un humain est seulement l'une des formes possibles d'existence et comme toute autre forme elle a ses propres limites, et c'est seulement en les transcendant qu'il est possible d'atteindre un plan supérieur.

Si nous tentons de définir le fascisme du point de vue de la philosophie, peut-être est-il possible de le définir comme un transcendantalisme immanent. En d'autres mots, pour le fascisme l'être humain a une valeur par sa connexion intérieure et originale (immanente) paradoxale avec une Chose qui le surpasse, en particulier avec Dieu (au sens métaphysique). C'est paradoxal parce qu'en principe tout ce qui concerne Dieu est considéré comme inatteignable et incompréhensible pour les humains (c'est-à-dire transcendant). Dans les temps anciens ce concept existait sous le nom d'«initiation», ce qui signifiait se libérer de l'état étroit et profane de l'existence terrestre et opérer un changement radical de la nature humaine. Ce n'est pas sans raisons que certaines personnes étaient appelées les «deux fois nés». Il est douteux de prétendre à l'existence de mystères similaires à l'intérieur du fascisme, cependant je peux me risquer à affirmer que la tendance à faire revivre d'anciens rituels semble être une caractéristique des mouvements fascistes.

Il est évident que la présence de telles tendances dicte une attitude particulière devant la mort. La mort reste le seul compagnon et guide authentique, maître de l'initiation, elle permet finalement à l'être humain de triompher de lui-même. Pas un trou noir de matérialistes, mais seulement un nouveau pas, une nouvelle étape sur le chemin, un conseiller fidèle -- voilà ce qu'est la mort pour le fasciste. Cela pousse le fasciste à une vie plus dangereuse, plus difficile et plus problématique. Le fasciste ne se réfrène pas et ne refuse rien de la vie, mais il peut dire «oui» non seulement à la vie, mais aussi à la mort.

N'étant pas un esclave de Dieu, mais un guerrier de Dieu, le fasciste combat le chaos et sa monstrueuse engeance -- un énorme Golem, une créature sans âme, ressuscitée avec l'aide de la magie noire du matérialisme -- c'est-à-dire le monde primitif «moderne». Il ne vise pas à détruire le chaos, mais à créer le Monde réel à partir du chaos, à faire revenir son mystère et sa joie, à faire revenir Dieu dans le monde -- c'est la tâche principale du mouvement fasciste, c'est l'Autre Voie ...

Beaucoup de gens penseront probablement que tout ce qui précède est trop éloigné de la vie pratique concrète et donc non pertinent. Cependant, comme cela fut dit autrefois concernant les conditions préalables théoriques du mouvement par une personne connue avant tout comme un homme ayant un grand sens pratique: «La tâche n'est pas ... d'évaluer à partir de différents angles le niveau de sa faisabilité [de la théorie ou du programme] à un moment donné, mais de montrer son essence avec le maximum de clarté possible ... On peut dire que Dieu les protège [ceux qui définissent les tâches du programme] seulement lorsqu'ils demandent quelque chose d'impossible ...» (Adolf Hitler, Mein Kampf, Moscou 1992, pp. 175-177).

Le national-socialisme comme Weltanschauung

«Les travaux qui sont présentés aujourd'hui comme de la philosophie nationale-socialiste n'ont rien à voir avec la vérité et la grandeur inhérentes de ce mouvement.» (Martin Heidegger, «Qu'est-ce que la métaphysique?»).

«Je ne crois pas que la philosophie prise dans son sens théorique étroit soit capable d'influencer la politique. Elle doit être transformée en idéologie ou en vision universelle du monde. Un tel exemple fut donné par les Lumières, le matérialisme dialectique marxiste et par certaines idées philosophiques qui étaient incluses dans le concept du national-socialisme allemand.» (Julius Evola, extrait d'une interview).

Chacun a trouvé son propre chemin vers le national-socialisme. Personnellement, je fus conduite vers lui, si paradoxal que cela puisse paraître, avec l'aide de la philosophie. Ainsi, alors que le rôle de philosophe principal au «pays des Soviets» était traditionnellement donné à Marx (Lénine ne peut être en aucune manière considéré comme un philosophe -- il suffit de tendre la main et de lire l'une des premières éditions des «Lettres philosophiques» de Lénine, ses marges sont remplies de remarques qui 99 fois sur 100 sont sans intérêt), et que les démocraties avaient accordé le même rôle au Dr. Freud, le pays du national-socialisme triomphant glorifiait Nietzsche comme son philosophe principal. Cela fut suffisant pour m'intéresser à cette idéologie.

Il faut noter, avant tout, que dès le début j'ai trouvé que la plupart des études consacrées au national-socialisme étaient extrêmement sujettes à caution. Ce jugement est particulièrement valide concernant les soi-disant origines «occultes» du nazisme. Voici juste un exemple. Dans son livre «Les racines occultistes du nazisme», N. Goodrick-Clarke, en mentionnant la manie de Hitler pour l'astrologie, fait référence au livre de Ellic Howe: «Les enfants d'Urania», alors qu'il est justement prouvé dans ce même livre que cette «manie» avait été inventée par des journalistes. Après avoir lu une énorme quantité de telles «études» -- dont la plupart peuvent être qualifiées d'absurdités -- je suis parvenue à la conclusion que cette discussion sur les «racines occultes» du nazisme est absolument sans fondement. Bien que des sociétés comme Thulé, Vril et beaucoup d'autres aient existé, et que de nombreux dirigeants du Troisième Reich aient réellement été membres de telles sociétés, j'ose affirmer que ces sociétés n'ont pas joué de rôle important dans le processus de développement de l'idéologie nationale-socialiste. Un jour, le Führer a dit de son mouvement: «Celui qui ne voit dans le national-socialiste qu'un simple mouvement politique n'a rien compris, car son but est la volonté de créer le surhomme». Cet extrait est continuellement cité par les spécialistes des «racines occultes», bien que la plupart d'entre eux soient incapables de comprendre que l'énigme du national-socialisme réside dans son émergence et non dans ses quelques liens avec des sociétés secrètes.

Il est pratiquement impossible de comprendre le caractère unique de la vision nationale-socialiste (c'est-à-dire en tant que vision universelle et pas seulement en tant qu'idéologie) si on se limite à l'utilisation de la seule pensée rationnelle et logique. Cela fut même mentionné par Pauwels et Bergier dans leur livre fondamentalement stupide «Le matin des magiciens» lorsqu'ils écrivent que le nazisme est pratiquement incompréhensible pour des gens modernes élevés dans les idéaux des Lumières et de l'humanisme. Ajoutons à cela que la condition préalable pour comprendre le nazisme est d'être partiellement un nazi. Comme le dit Rosenberg, le nazisme ne peut pas être compris, il doit être vécu: «c'est un état, une condition intérieure, plutôt qu'un système philosophique».

Et de fait, le national-socialisme en tant que perception particulière du monde environnant n'est accessible qu'aux gens qui possèdent des qualités physiques et psychiques uniques, avant tout de caractère spirituel. Cela requiert un sens spécial, qui peut être appelé sens «métaphysique». J'appelle ainsi l'aptitude, d'abord, à reconnaître une différence essentielle derrière la similarité superficielle et une profonde similarité entre deux substances apparemment différentes. Ensuite, la personne doit être capable de découvrir l'éternel et l'essentiel dans le temporaire et l'accidentel.

Les gens d'aujourd'hui ont pratiquement perdu cette aptitude à cause de leur vie totalement rationalisée, le résidu de cette aptitude étant employé seulement dans des situations banales. Par exemple, nous sentons l'odeur de pourriture et nous ne pouvons pas la confondre avec celle du pommier en fleur (à propos, on dit que même l'hypnose ne peut pas influencer notre sens de l'odorat). Il nous suffit de humer suffisamment pour sentir que le monde moderne est pourri. Pourtant, si l'odorat est un système fonctionnant plus ou moins bien, la vision semble manquer. Par exemple, je m'étonne encore de l'existence de gens qui sont suffisamment rusés pour affirmer que le fascisme et le bolchevisme avaient quelque chose en commun, donnant aux deux le nom de sociétés totalitaires. La différence avec le totalitarisme est évidente, car les actualités de l'ère nazie n'ont rien en commun avec le kitsch sovdepien à la Staline (sauf pour les actualités militaires). Que ceux qui ont des yeux voient!

Cependant, nous devons revenir au sujet principal. Quel est le problème pour la plupart des spécialistes du national-socialisme? Comment de telles choses ont-elles pu arriver au 20ème siècle? Ces gens étaient-ils nos contemporains? Ce mouvement était tellement en contradiction avec tout l'esprit de notre siècle que son émergence apparaît comme un vrai miracle. C'était un monde différent, qui ne cadrait pas avec les limites du développement historique. On peut dire que le Troisième Reich appartient à l'ordre mythologique (comme une légende sacrée) plutôt qu'à la sphère historique (c'est-à-dire profane). L'Ordre Noir avec ses rituels et son système d'initiation scrupuleusement développé peut être compris comme une continuation naturelle des légendes des Chevaliers de la Table Ronde, mais on l'imagine difficilement dans les livres de classe.

Les nationaux-socialistes ont défié les lois «inaltérables» de l'histoire, prouvant ainsi par leur exemple que la politique est l'art de l'impossible. Ils ont agi comme si ce qu'ils créaient devait durer pour toujours mais ils comprenaient aussi que tout pouvait être anéanti en un instant. Tel est le point de vue de l'être humain supérieur, et c'est la clé pour comprendre l'idée du Reich Eternel.

La volonté de création de l'humain supérieur ne s'exprime pas dans le changement de la nature humaine -- cela serait une entreprise très douteuse -, elle est liée au problème de l'auto-détermination et de l'auto-transcendance de l'être humain, un passage à un autre niveau d'être. Contrairement aux communistes et aux libéraux qui tentent de tout rendre égal pour créer une sorte de médiocrité, c'est-à-dire un homme «bon» totalement domestiqué, en le libérant de tout «mal» (que ce soit le «maudit héritage du capitalisme» ou des «préjugés» raciaux et religieux quelconques), les nationaux-socialistes, ayant accepté l'inégalité essentielle et inévitable des humains, tentent de construire une hiérarchie stricte. Leur devise n'était pas «Liberté, Egalité, Fraternité», mais «Jedem das seine». C'est pourquoi ils ont traité le problème de la vision du monde de la manière la plus sérieuse. Ils devaient développer un système de valeurs entièrement nouveau, et pour réaliser cette tâche ils devaient changer presque tout, y compris l'apparence physique du monde.

Beaucoup considéreront un tel effort comme une fantaisie nationale-socialiste. Je voudrais simplement souligner à quel point ce problème est important au regard de la vision universelle. Quand les gens croyaient vivre sur la Terre «plate», tout ce qu'ils avaient à faire pour atteindre «l'extrémité du monde» était de naviguer dans une direction quelconque. La rencontre avec une chose «hors de ce monde» dépendait de l'obstination du voyageur. La forme de la Terre n'importe pas vraiment (car notre perception physique est toujours subjective, nos organes sensoriels ont leurs limites et les instruments que nous créons peuvent seulement accroître notre sensibilité naturelle mais pas ajouter de nouveaux sens), l'important est que le voyageur savait qu'à tout moment il pouvait se retrouver «au-delà de l'extrémité de la Terre» et que cela dépendait seulement de sa volonté. Cette idée fut radicalement changée par le nouveau concept de construction du monde. Pour cette raison les nationaux-socialistes ont créé leur propre théorie nouvelle de «l'antagonisme de la Glace et du Feu». Nous, les malheureux, cependant, nous tentons de «découvrir» l'espace, qui se révèle être infini. Donc aucune «extrémité du monde» ne peut être trouvée dans l'espace. Pas de limites et pas de limitations. Pas d'espoir ...

Les nazis ont perdu? Oui, c'est vrai. Probablement, ils resteront à jamais des perdants dans les livres d'histoire, mais le mythe a ses propres règles et le vainqueur ne devient pas toujours un héros mythique. Oui, les Allemands ont perdu, mais ils ont créé leur propre Reich Eternel qui est vivant, bien que d'une manière quelque peu différente de la «seule vraie foi», qui pourrait vivre quelques siècles (dans la durée). Le Troisième Reich fait partie de l'Eternité.

Je prévois à l'avance les reproches concernant l'idéalisation du nazisme et je voudrais souligner ce qui suit. Je ne veux pas polémiquer avec quiconque sur cette question ni, comme les révisionnistes, faire des calculs pour prouver qu'il n'y avait pas de chambres à gaz ou qu'il était impossible d'éliminer 6.000.000 juifs. C'est ainsi ou pas -- je ne m'occupe pas de cela. Je vois le national-socialisme comme j'ai envie de le voir. C'est ma volonté et donc mon droit. Je ne suis pas objective? Oui, sacrebleu, je hais cette soi-disant «objectivité» qui est utilisée (avec très peu d'exceptions) par les gens qui ne sont pas capables d'avoir leur propre vision. Il me suffit des mots suivants: «Hitler a découvert une autre dimension de la réalité, celle où une réalité encore à naître acquiert une signification absolue» (André Brissaud, «Hitler et l'Ordre Noir»), pour dire aujourd'hui: Heil Hitler!


Trad. Arjuna. Victoria Vladimirovna Vanyushkina est née en 1966. Elle est entrée dans le mouvement national dès le début des années de la perestroïka. Elle a participé au groupement de jeunesse, coopérant avec le bien connu Konstantin Ostashvili. Les événements d'octobre 1993 provoquèrent son retour à la politique active. Elle a publié un certain temps dans le journal «L'Ere de la Russie», mais après avoir connu le RNS elle est entrée dans le Conseil de rédaction du journal «Stormovik» et de la revue «Nation» publiée par cette organisation. Elle est à présent membre du Conseil de rédaction du journal «Résistance de Droite». Elle a traduit divers textes de Julius Evola, Alain de Benoist, Mircea Eliade et autres écrivains et propagandistes orientés à droite. Elle parle trois langues, à titre d'activité professionnelle elle a traduit plusieurs livres, principalement sur la psychologie et la philosophie.

 

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